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Le Népal 
Nom officiel : République Démocratique Fédérale du Népal
Présentation
Le Népal est un rectangle de 800 km par 160 qui s'étire au pied de l'Himalaya. Il forme la transition entre les plaines de l'Inde et les montagnes d'Asie centrale. Le sud est une zone de jungle marécageuse, le centre d'une altitude moyenne est parsemé de bassins et de vallées profondes, le nord est occupé par la chaîne himalayenne qui s'élève rapidement pour dépasser les 8 000 m
Le pays est constitué de différentes ethnies d'origines indiennes, tibétaines ou mongoles.
Données géographiques
Superficie : 147 181 km2 Capitale : Katmandou Villes principales : Pokhara, Biratnagar. Langues : Népalais, dialectes locaux et anglais dans la capitale et les endroits touristiques. Monnaie : Roupie Népalaise (1 euro = 96 roupies, fév. 2008)
+ 4h45 en hiver et 3h45 en été de décalage par rapport à la France (GMT + 5h45)
Indicateurs démographiques
Espérance de vie : 60,6 ans (estimation 2006) Taux d’alphabétisation :49% (estima. 2007 : Hommes 63%, Femmes 35%) Religions : Hindouisme (81 %), Bouddhisme (10 %), Islam (4 %), Autres (4 %) Indice de développement humain : 127ième (2004) Population : 23 millions (estimations 2004) Elle a augmenté de 2,24 % au cours de la dernière décade.
39 % de la population a moins de 14 ans 85,8 % de la population réside en milieu rural 49,06 %, réside dans le Teraï, soit la moitié de la population 6,97 % vit dans les montagnes 43,97 % demeure dans la région des collines
Données économiques
PIB : 10 800 millions US $ (estimation 2007) PIB par habitant : 383 US $ (estimation 2007) 240 USD (2003-2004) Taux de croissance : 2,5 % en 2006-2007 2,8 % en 2005-2006 2,3 % 2003 Taux de chômage : 7,3 % en 2004 Taux d’inflation : 6,4 % en 2006-2007 5 % (2004) Solde budgétaire : - 3,6 % du PIB en 2006-2007 Balance commerciale : - 17,9 % du PIB (estimation 2006-2007) 200 millions d’USD (2004) Principaux clients : Inde (68,8%) Principaux fournisseurs : Inde (61,3 %),Singapour, Malaise, Arabie Saoudite Dépenses militaires: 0,9% du PIB Dépenses publiques d'enseignement (1995-97): 3,2% du PNB Dépenses publiques de santé (1998): 1,3% du PNB
Part des principaux secteurs d’activité dans le PIB (estimation 2007) : Agriculture : 36 % (80% de l’emploi) Industrie : 22 % Services : 39 %
Le Népal est un des dix pays les plus pauvres du monde. Son économie souffre de faiblesses structurelles majeures : absence de ressources naturelles diversifiées - à l’exception d’un potentiel hydroélectrique encore sous-exploité et d’un environnement propice au développement du tourisme -, agriculture archaïque et dispersée dans des zones isolées - qui emploie 80 % de la population active mais ne génère que 39 % du PIB -, insuffisance des infrastructures, secteur public inefficace et peu rentable, corruption endémique.
Malgré la tentative des autorités népalaises d’ouverture vers la Chine, la croissance reste en outre fortement dépendante des échanges avec l’Inde (près de 48 % du commerce extérieur du Népal).
Cette situation économique et sociale préoccupante s’est encore sensiblement détériorée depuis deux ans. Le pays dépend désormais pour l’essentiel de l’aide internationale (40 pour 100 du budget) et des remises des travailleurs expatriés (dont le montant - 1,2 milliards de roupies - est le double de celui des exportations du pays). En deux ans, certaines mesures ont été prises, grâce notamment à l’appui de la Banque Mondiale et du FMI, mais les marges de manœuvre de l’Etat sont faibles : accroissement des dépenses de sécurité et du budget du Palais, impossibilité d’assainir le secteur bancaire du fait de la collusion entre quelques groupes en défaut de paiement et les pouvoirs politique et judiciaire, chute du nombre de touristes. La fin des accords multifibres le 1er janvier dernier ont par ailleurs porté un coup dur à l’industrie textile.
La dégradation de la situation économique contribue à accentuer l’exode de la population, notamment vers l’Inde (frontière ouverte avec le Népal) où résideraient 8 à 10 millions de Népalais. Un certain nombre de trafics, notamment humains, ne cessent de se développer (notamment le cas de jeunes filles prises dans les réseaux de proxénétisme).
Aperçu historique
VIIIème siècle : le Népal indépendant et coexistence de populations indiennes et tibétaines. XVIIIème siècle : le pays est unifié grâce à la caste des Gurkhas. 1814-1816 : victoire britannique sur les Gurkhas et installation d'un résident anglais à Kathmandou. 1857 : indépendance partielle par rapport à l'Angleterre. 1923 : indépendance totale. 1951 : la monarchie constitutionnelle est établie. 1953 : première ascension de l'Everest par Hillary et Tensing. 1990 : séries d'émeutes violente; le multipartisme est autorisé.
Avec la Constitution du 9 novembre 1990, une monarchie parlementaire bicamérale a été introduite au Népal, succédant au système absolutiste du « Panchayat ». Le souverain ne détient en principe plus le pouvoir exécutif mais reste le chef des armées.
Le Roi Gyanendra a accédé au trône en juillet 2001 à la suite de l’assassinat de son frère et d’une partie de la famille royale par le Prince héritier.
La succession de plus de 15 gouvernements depuis 1990 donne une idée de l’instabilité politique dont souffre le Népal. Les institutions démocratiques ont été peu à peu affaiblies : dissolution du Parlement et des conseils locaux en 2002 (non remplacés depuis, des élections étant impossibles dans le contexte de guerre civile), autocensure de la Cour suprême, rôle réglementaire et légal endossé par le Roi en l’absence de Parlement, rôle accru de son Conseil.
Politique intérieure
Le 1er février 2005, le Roi a renvoyé le Premier Ministre Sher Bahadur Deuba, nommé en juin 2004 sous la pression de la rue et des partis politiques. Il n’y a plus de Premier ministre et le gouvernement est composé de fidèles du Roi, certains partisans d’un retour à la monarchie absolue. Devant cette situation, les partis politiques ont réussi à s’unir et demandent la réinstallation du Parlement dissout en 2002.
Parallèlement, depuis 1996, le Communist Party of Nepal-Maoïst (CPN-M) a lancé une campagne de guérilla au Népal, revendiquant le remplacement de la monarchie constitutionnelle par une république populaire. Pour se développer, la rébellion a tiré avantage de l’instabilité politique, de la corruption endémique et de l’absence de politique de développement susceptible de sortir le Népal de sa pauvreté.
L’emprise des maoïstes n’a cessé d’augmenter (le conflit a fait plus de 11 000 morts). Opérant à l’origine dans les zones rurales et enclavées de l’Ouest (où le PNB/habitant est de 80 dollar par an), la guérilla étend désormais ses actions à l’ensemble du pays. Les rebelles prennent désormais pour cibles, outre les forces de l’ordre (police, armée), des infrastructures privées (usines) et publiques (aéroports, centres de télécommunications).
Vers la fin du mois d’avril 2006, après environ trois semaines de grève générale et de protestations dans les rues dans le pays dirigées contre le pouvoir royal, le roi Gyanendra a cédé le pouvoir exécutif de l’État, qu’il avait pris en février 2005, a restauré le dernier Parlement et a autorisé la formation d’un gouvernement composé de membres des partis représentés au Parlement.
Rebelles et partis politiques avaient ensuite conclu le 16 juin un accord historique de partage du pouvoir prévoyant la rédaction d'une constitution provisoire et la formation d'un nouveau gouvernement intérimaire avec des maoïstes. L'accord prévoit également de faire appel à l'ONU pour superviser le contrôle des armes.
Le cessez-le-feu a été reconduit pour trois mois par les maoïstes à compter de fin juillet.
vendredi 28 juillet 2006 Une mission de l'ONU a rencontré les maoïstes pour discuter du processus de paix au Népal
La signature le 21 novembre 2006 d’un accord de paix général entre le gouvernement népalais et le parti communiste népalais (maoïste) a officialisé la fin d’une guerre civile débutée en 1996 et qui aurait fait au total plus de 12 500 morts. Cet accord, qui prévoit le cantonnement des combattants maoïstes et le désarmement de ces combattants sous l’égide des Nations Unies, a pour objectif de permettre le retour à la paix au Népal.
La mise en œuvre institutionnelle de ce processus de paix s’est traduite par l’adoption le 16 décembre 2006 d’une constitution intérimaire qui fait du Premier Ministre le chef de l’Etat en lieu et place du roi Gyanendra et proclame le Népal, pour la première fois dans son histoire, Etat laïc ; l’installation le 15 janvier 2007 d’un parlement intérimaire incluant des représentants maoïstes ; la formation en avril 2007 d’un gouvernement intérimaire incluant cinq ministres maoïstes (qui ont décidé de quitter ce gouvernement intérimaire en septembre 2007 avant de le réintégrer en décembre dernier).
Le climat sécuritaire fin 2007 début 2008, pèse cependant sur l’entrée des partis en campagne pour ces élections constituantes (agitation persistante dans le Teraï malgré les consultations en cours sur la possible introduction du concept de fédéralisme dans la future assemblée constituante, troubles suite à la décision de la compagnie nationale qui détient le monopole de la distribution des produits combustibles d’accroître d’environ 20 pour cent le prix de vente de l’essence, du fuel et du gaz domestique, développement de la criminalité de droit commun y compris dans des zones relativement épargnées jusqu’à présent comme l’est du pays).
Le 28 décembre 2007, le Parlement provisoire approuve, à une écrasante majorité (270 voix contre 3), une résolution prévoyant l'abolition de la monarchie après l'élection d'une Assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Le Népal devant s'acheminer à partir de cette date vers un État de type « fédéral, démocratique et républicain ». Dans ces conditions, les maoïstes acceptent de reprendre leurs places au gouvernement.
L'élection de cette assemblée, eu lieu le 10 avril 2008, et voit la victoire des maoïstes. Sa séance inaugurale le 28 mai suivant, confirme l'abolition de monarchie et son remplacement par une "République démocratique fédérale".
Politique étrangère
Enclavé entre la Chine et l’Inde, le Népal a traditionnellement cherché à diversifier ses partenaires extérieurs afin de préserver son indépendance. Il tire avantage de ses difficultés au plan intérieur - et de la priorité donnée par la communauté internationale à la lutte contre le terrorisme - pour renforcer ses liens avec ses autres partenaires traditionnels : ainsi les Etats-Unis (très fortement impliqués au Népal depuis les années 1950) et le Royaume-Uni (ancienne puissance tutélaire) mais aussi la Russie ou le Japon, sont très présents au Népal.
L’Inde reste toutefois le principal partenaire (un tiers de la population népalaise y vit, près de la moitié du commerce extérieur en dépend, de même que toutes les routes d’approvisionnement, par la plaine du Téraï.). Subsistent toutefois des contentieux anciens (le Traité de 1950 jugé inégal par les Népalais, la présence depuis 1962 de troupes indiennes sur le tracé de la frontière dans la région de Kalapani, la question du partage des ressources en eau et enfin le refus de Delhi d’intervenir dans le règlement de la question des réfugiés bhoutanais). Ces dernières années, l’amélioration des relations avec l’Inde s’est manifestée par la signature d’un traité sur la rivière Mahakali (1996) et de plusieurs accords importants (aviation civile, circulation routière et ferroviaire, commerce.)
Les relations avec la Chine se développent. A l’occasion de la visite d’Etat du Roi Gyanandra en Chine en juillet 2002, les autorités chinoises ont assuré le Népal de leur soutien moral dans la lutte contre la guérilla maoïste. La coopération chinoise s’exerce essentiellement dans le secteur des infrastructures routières, l’industrie, la santé et l’hydroélectricité (10 millions de dollars d’aide au développement). Des discussions sont en cours entre les deux pays pour l’ouverture de deux nouvelles routes entre le Tibet et le Népal. Katmandou fonde beaucoup d’espoirs sur l’accord de tourisme signé en novembre 2001 pour rééquilibrer à terme sa balance commerciale avec la Chine.
A la suite du 11 septembre, Washington a décidé d’apporter un soutien plus marqué au gouvernement népalais dans sa lutte contre les maoïstes (visites américaines de haut niveau à Katmandou, notamment Colin Powell en janvier 2003, augmentation de l’aide militaire, 12 M USD, et de l’aide au développement 38 M USD). Le Royaume-Uni, qui a toujours entretenu d’étroites relations avec le Népal (les troupes d’élites britanniques continuent de recruter des Gurkas népalais), a largement renforcé sa coopération, notamment militaire, avec le royaume.
La présence de deux importantes communautés de réfugiés sur le territoire népalais constitue une difficulté supplémentaire : Les réfugiés bhoutanais (108.000) : répartis dans sept camps dans l’Est du pays : ces citoyens bhoutanais de langue népalaise ont été expulsés au début des années 1990. Les réfugiés tibétains (11.000 officiellement, plus probablement 20.000 au total.)
Depuis le coup d’Etat du 1er février 2005, la pression de la communauté internationale sur le Népal s’est accrue. L’Allemagne, l’Inde, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni ont rappelé leurs Ambassadeurs respectifs pour consultation. A la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, l’Union européenne, soutenue par certains Etats, a obtenu du Népal l’ouverture d’un bureau du Haut représentant pour les Droits de l’Homme.
Source : ministère des Affaires Etrangères mars 2008 http://www.diplomatie.gouv.fr |