himal n° 20
Edito
Le 30 Avril 2016, notre Président Guy Durrieu était au mauvais moment, au mauvais endroit, un glissement de terrain…une vie qui bascule …Mais les gens ne disparaissent vraiment que si on les oublie.  

J’ai connu Guy Durrieu, en 1970, j’étais alors jeune étudiant de l’Université Paul Sabatier, il enseignait la biologie végétale, une discipline austère et difficile avec des moyens dérisoires et pourtant Guy Durrieu arrivait à captiver un auditoire. Pourquoi ? Contrairement à beaucoup de ses collègues, tous les étudiants avaient compris que Guy Durrieu n’était ni un agressif ni un méchant mais au contraire un gentil, humble et passionné par sa discipline et de plus très bienveillant avec nos lacunes.
  

J’ai retrouvé Guy Durrieu, 30 ans plus tard, à l’initiative du Consul Général du Népal Gérard Beaumont qui nous a encouragés à fonder l’Association Culturelle Franco Népalaise de Toulouse. En effet, qui mieux que Guy Durrieu aurait été mieux fondé pour parler de culture. C’était LE PRESIDENT que toutes associations auraient aimé avoir. Si l’Homme avait vieilli, son humanité avait grandi, sa curiosité était restée de tous les instants et de tous les domaines, une immense connaissance quasi unique des écosystèmes du Népal doublée d’une approche humaniste. Durant des dizaines d’années, il a voué un attachement indéfectible au Népal, assurant la formation de cadres universitaires sur les seules bases de leurs compétences comme le Docteur Kumar Addikarri longtemps impliqué dans la direction du jardin Botanique de Kathmandu, avec qui il venait encore d’écrire un dernier article tout à fait original sur les masques champignons du Népal. Après son dernier voyage, à près de 80 ans - dans la vallée du Langtang, il avait laissé auprès des amis Népalais qui avaient assuré la logistique du voyage l’impression forte d’un homme de passion et de conviction sur qui on pouvait compter.
Guy Durrieu était un homme rare, son sens de l’écoute et du consensus a assuré une place reconnue de notre association auprès de plusieurs autorités administratives. Sa modestie, sa discrétion et ses conseils toujours opportuns et avisés ont été garants d’une cohésion amicale et tellement rassurante.
 

Nous avons eu la grande chance de le côtoyer nous aurions simplement souhaité que ça dure plus longtemps. 

Jean-Pierre Girolami 
 
Photo de couverture : Guy Durrieu Voyage au Népal. 

Le Tibet enfin
Tibet ... un vieux rêve ... plusieurs fois abandonné ... difficile à matérialiser pour de nombreuses raisons différentes ... la principale étant l’incertitude permanente des informations. Après de nombreux revers, le 6 Septembre 2016, c’est enfin le départ pour onze amis de l'Association Culturelle France-Népal. Trois jours à Kathmandu, Kathmandu change, mais pas en bien, le chaos de la circulation, le bruit, la pollution ... et bien sûr tous les stigmates du tremblement de terre de 2015, certains ont tout perdu alors que d’autres ont beaucoup gagné. Trois jours nécessaires pour que Krishna, notre guide népalais de toujours termine la préparation des documents et il en faut beaucoup. Un voyage au Tibet avec de nombreuses visites c’est autant de permis pour chaque site visité, chaque monastère de Lhassa, les cités monastiques de Gyangsé et de Shigatsé, le camp de base de l’Everest, le mythique tour du Kailash, le mystérieux lac Manasarovar, le lointain royaume de Gugé. Les contrôles sur la route sont omniprésents, nous n’aurons aucun souci, l’agence et le guide feront un sans faute. Depuis quelques mois une seule façon de rejoindre le Tibet depuis le Népal, l’avion à destination de Lhassa. Donc si on vous dit, ou si vous lisez, que voyager au Tibet c’est simple… ayez des doutes, peut être que les souvenirs de votre interlocuteur renvoient aux bons souvenirs d’un voyage passé.
  
Après deux jours à Katmandou, c’est l’envol pour Lhassa. Impossible de reconnaître ce pays visité il y a plus de 30 ans, l'aéroport qui se composait alors d'une caserne en bois au bout d'une piste empierrée, est devenu un complexe luxueux doté de moyens de contrôles sophistiqués. Une autoroute futuriste de soixante kilomètres le relie à Lhassa par une succession de ponts, tunnels sous une débauche d’éclairages, les faubourgs de Lhassa montrent une urbanisation effrénée. Dès notre arrivée nous serons pris en charge par un guide Jack-Choedar Ngawan Kalden et un chauffeur tous deux tibétains, ils seront remarquables.  
 

Si au début, Jack est très discret sur la situation politique au Tibet, peu à peu, la confiance s’installant, il expliquera beaucoup de choses sur la réalité quotidienne et aussi bien sûr sur l’histoire de sa culture. Nous passerons trois jours à Lhassa visitant les principaux sites, les palais du Potala et du Norbulingka, respectivement palais d’hiver et d’été des Dalai lama, le temple Jokhang situé au cœur du quartier de Barkhor, les cités monastiques de Drepung et Sera. Les pèlerins viennent de très loin pour accomplir plusieurs tours de ces sites en faisant leurs dévotions, c’est ce que l’on appelle la Kora.  


 
Après la visite de Lhassa, nous partons pour une longue escapade de quinze jours et de près de 4000 kilomètres toujours à des altitudes entre 3600 m de Lhassa et 5660 m. Trois nuits à Lhassa pour s’acclimater, c’est plutôt court, dès le quatrième jour entre Lhassa et Gyantse, nous franchirons le Karo La à 5300 m.  
Une règle essentielle à ces altitudes, pas d’excès de zèle, prendre son temps pour tout, marcher et monter les escaliers… bref rester au ralenti et à l’écoute des réactions de son corps ... on est bien loin d’une journée à la plage. 

Il faudra quatre jours pour arriver au camp de base de l’Everest, en passant par la ville de Gyantse (3950m) via le col de Karo La (5300m). Ensuite ce sera la deuxième ville du Tibet Shigatse (3900m), puis la ville dortoir de Shegar (4500m) et enfin le monastère de Rongbuk (5100m) au pied de la face nord de l’Everest par le col du Pang La (5150m). Dans le bus qui nous emmène à travers le plateau tibétain, chacun essaye de s’imprégner des paysages qui défilent. La vitesse est strictement limitée à 50 km/h avec de nombreux points de contrôle qu’il ne faut pas franchir avant l’heure prévue par le contrôle précédent, et si on est en avance sur l’horaire, il faut s’arrêter… finalement le système est plus efficace qu’un radar. Au cours de ces arrêts, souvent en des lieux aménagés, ce sera la rencontre avec des nomades, c’est un jeu d’observation réciproque, de marchandages de souvenirs et aussi des merveilleux échanges de sourires. 

Cet itinéraire emprunte la longue route chinoise 318 entre Shanghai et la frontière népalaise appelée «la route de l'amitié» (5500 km). Entre Shigatse et Shegar, nous franchirons le point 5000 kms de Shanghai au milieu d‘un groupe joyeux de jeunes chinois... 
Septième jour du voyage au Tibet, en route vers le pied de l’Everest, nous franchissons le col du Pang La (5198m). Nous avons de la chance les montagnes invisibles depuis plusieurs jours se découvrent devant nous, quatre sommets de plus de 8000 m, le Cho Oyu , l’Everest, le Lhotsé, le Makalu. Nous arrivons au monastère de Rongbuk (4950 m) situé à cinq kilomètres du camp de base de l'Everest. Nous sommes chanceux aujourd'hui, la face Nord invisible depuis cinq jours est complètement dégagée, plusieurs d’entre nous passeront la journée, enfiévrés à épier et photographier la montagne sous tous les angles possibles. La zone est sous contrôle très strict par des nombreux militaires. Pour atteindre le camp de base (5200m) à cinq kilomètres au Nord de Rongbuk, après un ultime contrôle, il faut prendre une navette qui nous dépose au pied du glacier… frissons garantis. Le monastère Rongbuk est l’un des plus élevés du monde, son activité remonte à des centaines d'années, 500 moines résidaient là, avant la révolution culturelle chinoise, maintenant une trentaine de moines et nonnes tentent d’entretenir le souvenir.  
 
Samedi 17 Septembre. Le levé est très matinal 6h30, l’Everest est complètement dans les nuages et un voyage de dix heures en perspective pour atteindre Saga sur la route vers le Mont Kailash. Saga est ville étape chinoise qui a grandi trop vite, l'électricité seulement deux heures par jour, l'eau pompée du sous sol est en quantité trop limitée…la douche rêvée sera remise à demain peut être... 

Dimanche 18 Septembre. Encore cinq cents kilomètres de route entre Saga et Darchen, pour atteindre la porte du rêve, voir enfin pointer le Kailash et se lancer sur le mythique Tour du Kang Rimpoché, nom tibétain de ce fier joyaux des neiges. Nous traversons quelques villages champignons qui sortent de terre, tous ordonnés selon le même modèle, pas de place pour la fantaisie. Jack nous avait expliqué que le tremblement de terre 2015 au Népal avait endommagé de nombreuses maisons, notamment près de la frontière népalaise, ces nouveaux villages accueilleront ces « sinistrés » déplacés de quelques centaines de kilomètres. Mais cela peut aussi cacher une nouvelle autre explication, sédentariser la population nomade, un vieux programme de l’administration étoilée... ces fiers Kampas si avides de liberté qui supportent difficilement un toit sur la tête perturbent les contrôles et les prévisions. Effectivement les immenses troupeaux de chèvres, de moutons, de yaks sont très fréquents dans ces espaces infinis tellement propices au nomadisme.
 
Justement un dernier contrôle de police très tatillon comme toujours avant le col du Mayum La (5280 m) et dans la descente, on découvre le fascinant sommet du Gurla Mandata (7728 m), puis très vite le lac Manasarovar et le Mont Kailash (6714 m) surgissent. Un arrêt s’impose même si nous sommes en retard. Le bureau des permis pour le tour du Kailash (6714 m) dont le départ est prévu le lendemain ferme à 16h. Pendant cet arrêt-diplomatico-photo-pipi-etc, Jack toujours efficace trouve la solution, le bureau ou une de ses connaissances, finalement peu importe, attendra notre arrivée pour la livraison du précieux permis autorisant ainsi un départ matinal... Darchen à 1200 kilomètres de Lhassa, est une bourgade construite sans goût et sans autre but que de contrôler et de profiter de la manne financière amenée par le pèlerinage du tour de Kailash. Veillée de départ excitante pour ce tour, la kora du Kailash fait près de 60 kilomètres et se fait en trois étapes, on allège nos bagages au maximum, un sac pour deux personnes… quelques antidépresseurs bien de chez nous, saucissons et boites de pâté qui ont échappés au contrôle, nous alourdirons momentanément. 

 Lundi 19 Septembre. Départ à 8 heures du matin, le temps est frisquet, mais splendide, une douce lumière nous réchauffe très vite. La montagne du Kailash (6714m) est considérée comme la montagne la plus sacrée dans le monde par trois religions, Bön, le bouddhiste et l'hindouiste. Il est le centre du monde dans la cosmogonie de l'Asie. Kailash ou Gang Rinpoche ou Ti-se, en tibétain, signifie «le précieux joyau des neiges ». Selon ses convictions, ses aptitudes physiques et ses possibilités économiques, il y a plusieurs façons de faire la kora du Kailash, à pied, à cheval, à plat ventre. Pour beaucoup de ces pèlerins, c’est le pèlerinage d’une vie, à faire même au péril de sa vie. Tout se confond dans un mélange compliqué d’hindouisme et de bouddhisme. La première journée de vingt-trois kilomètres se fait en partant de la gauche vers la droite, c’est à dire en commençant par le côté Ouest qui emprunte une large vallée sans difficulté jusqu’au monastère Bön de Dirapuk. Les pèlerins Bön, religion prébouddhique, effectue la kora en sens inverse, de la droite vers la gauche, c’est à dire de l’Est vers l’Ouest. L’hébergement se fait dans un campement surchargé, à la propreté oubliée depuis toujours, par contre la vue sur la face Nord du Kailash fait oublier cet environnement dévasté. 

Mardi 20 Septembre. Deuxième jour de la kora du Kailash, départ vers sept heures. Comme le Tibet marche à l’heure de Pékin, il doit être à peine 4h du matin, il fait encore nuit noire, nous arrivons au col du Droma La (5660 m) vers dix heures. C’est un grand moment d’émotion, un projet longtemps évoqué qui se concrétise, le col est recouvert sur des centaines de mètres par des dizaines de mètres de drapeaux de prière, il fait un temps absolument superbe avec une température agréable. Certains passeront un long moment à s’imbiber de cette ambiance malgré les exhortations du guide qui veut nous voir fuir au plus vite vers le bas. C’est un défilé ininterrompu de pèlerins indiens plus ou moins conscients, souvent ballotés sur leur cheval, parfois soutenus par les guides, les fiers tibétains eux maltraitent les horaires sautillant de rocher en rocher, d’autres parcourent l’itinéraire à plat ventre, une épreuve éreintante, il leur faudra une grosse semaine. Une descente assez raide nous amène sur la vallée Est, c’est le moment de la pause midi où la restauration sera efficace et bénéfique. L’après midi une longue marche nous amènera au monastère Zuthul Puk (4850 m). Ce monastère se dresse autour d’une des nombreuses grottes fréquentées par Milarepa, un mystique et grand poète tibétain du XIe siècle. Dans le restaurant, brève rencontre, deux Tibétaines, une mère et sa fille, elles ont fait la Kora en moins de deux jours ne dormant que quelques heures. Bien sûr elles n’ont aucun problème avec l'altitude. Si la mère ne sait pas écrire, elle utilise parfaitement le téléphone portable, la fille laissera son adresse à notre guide... et chacun repart vers son monde.

Mercredi 21 Septembre. Troisième jour de la Kora, en deux petites heures de marche nous arrivons à Darchen. Ce matin le sommet du Kailash est complètement dans les nuages. Encore une fois, nous avons été incroyablement chanceux. Après un bon repas de midi, nous poursuivrons de 80 kilomètres jusqu’au village de Moincer. Tout près, le monastère de Tirtapuri et des sources d'eau chaude, un passage et une baignade obligés pour les pèlerins de retour du Kailash. 

Jeudi 22 Septembre. Nous nous approchons du royaume de Gugé, à travers un paysage d'une beauté naturelle exceptionnelle... Difficile d‘imaginer que derrière cette chaîne de montagnes inhospitalière, régnèrent les rois de Gugè. Arrêt de midi à Zanda, contrôle oblige mais aussi un remarquable repas dans parait-il le seul restaurant correct de la ville. La visite du monastère Thöling avait été oubliée dans le programme, il faudra donc payer. Thöling était le plus important monastère bouddhiste de l’Ouest, c’était la capitale spirituelle du royaume de Gugé, comparable au Vatican. Il a été presque totalement détruit pendant la révolution culturelle... un sentiment de grande tristesse et la désolation lors de la promenade parmi les ruines... cependant de superbes fresques ont échappé à la « folie culturelle », un grand chorten encore en assez bon état… la restauration semble en marche, il serait temps. Nous passerons la nuit à Tsaparang, capitale politique de l'ancien royaume de Gugé Ngari. Entre le Xème et le XVIème siècle, ce royaume a développé une société raffinée tant spirituellement qu’économiquement. Le royaume a disparu brutalement vers le milieu du XVIème siècle, probablement suite à la rivalité cupide entre deux frères. Une colline entière est couverte de ruine de terre pétrifiée, trois chapelles restaurées témoignent à la fois de la richesse et de l’originalité de l’art développé à cette époque.
 
Vendredi 23 Septembre. Il faut penser au retour vers Lhassa, à près de deux mille kilomètres de là. Cependant nous aurons un dernier magnifique rendez-vous au bord du lac Manasarovar au sud de Kailash.  

Samedi 24 Septembre. Le lac Manasorovar à plus de 4500 m est une vaste étendue d’eau douce sacrée dans les religions hindouistes, bouddhistes, jaïnistes et bön. Les hindouistes s’y plongent alors que les tibétains s’y abreuvent. Un proverbe tibétain résume joliment cela: « les hindouistes se lavent l’extérieur pendant que les bouddhistes se lavent de l’intérieur". Son tour plus long que celui du Kailash fait 80 kilomètres. C’est une des trois étapes d’un pèlerinage complet au Tibet avec le tour du mont Kailash et la visite du monastère de Tirtapuri. Le lac Manasarovar est un lieu qui résume l’agitation du monde coincé entre le Mont Kailash et le Gurla Mandhata à plus de 7700m, le père et la mère de la terre. L’immobilité de sa surface comme une perle tombée du ciel contraste avec le relief tourmenté qui l’encercle.  
 
Dimanche 25 Septembre. Devant nous la longue route du retour, encore plus de 1200 kilomètres jusqu’à Lhassa, trois longues journées de bus comme pour mieux s’imprégner de la démesure du haut pays des neiges. Ces paysages arides et inondés de lumière dont aucun lac ni rivière n’arriva jamais à étancher la soif sont plus que de simples décors, ce sont les puissants inspirateurs de pensées qui résistent aux affres du temps. Plongés dans la nostalgie du retour qui est en marche, les yeux sont éblouis pour longtemps par tant de beautés qui s’affranchissent des lieux, des cultures et des régimes politiques. Il n’y a qu’une beauté, elle est universelle et elle réconcilie avec l’humanité.

Miren Garmendia, Jean-Pierre Girolami 

Nos actions
     Village de Laharé
     Village de Kalché
     Crèche de Golfutar
     Ecole de Bhadabari

                   depuis 1999.

La crèche de Golfutar 

La crèche va entamer sa seizième année d’activité, c’est Danzee Dwa sherpani l’épouse d’Henri Sigayret qui assure le suivi sur place. La crèche à été visitée à trois reprises (Avril, Septembre et Octobre) par des membres de l‘association. Elle accueille toujours une vingtaine d’enfants de moins de 3 ans qui sont nourris à midi. Deux personnes s’occupent de l’accueil et de l’activité des enfants. L’association prend en charge la totalité des frais de fonctionnement annuel et quelques travaux d‘aménagement et d’entretien à la demande, ainsi cette année une réserve d’eau de 200 litres a été installée. En Mai nous avons amenés suffisamment de jouets donnés par un commerçant qui cessait son activité et des lainages tricotés par un groupe de bénévoles. 
 
Kalché - Laharé 

Nous avons visité les villages de Kalché et Laharé en Avril et Octobre 2016, les conditions d’accès par la piste étaient relativement faciles en Avril, un peu moins en Octobre imposant 2 heures de marche et de portage. L’entretien de cette piste reste incertain et dépend en grande partie du bon vouloir des autorités locales. 
 
La construction de serres 

Ce projet avait été initié grâce à la dotation initiale accordée par Comminges Sans Frontières (CSF), 3 serres d’environ 40 mètres carrés chacune avaient été construites en 2012 d’abord dans le hameau de Kalché à 2400 m d’altitude, l’hiver y est très rigoureux et la mousson vigoureuse. Ces serres sont des constructions familiales dont l’installation s’est étendue à la plupart des familles. Ce projet a permis de développer des cultures maraichères très difficiles à contrôler en plein air à cause de la mousson et du froid tardif au printemps. (tomates, salades, piments). Cette production est suffisante pour l’alimentation familiale et le surplus peut être vendu ce qui permet des revenus supplémentaires. Dans le village de Kalché , il y a maintenant 6 serres soit une surface couverte de près de 300 m2 . Deux serres ont été construites à Laharé. Ce programme est un réel succès et reste la seule réalisation privée de la région mais qui vient d‘inspirer des projets du gouvernement dans un village voisin. Cependant, le séisme de 2015 et les glissements de terrains ont détruits 3 serres. Grâce à une nouvelle dotation de CSF en 2016, ces dégâts ont été réparés et de nouvelles serres ont été construites. 
 
L’aide aux deux associations locales
 

Les deux villages de Kalché et de Laharé distants d’environ 1h30 de marche possèdent des comités associatifs destinés à gérer plusieurs secteurs d’activités : réseau de distribution de l’eau, construction de points toilettes, réseau électrique, entretien des sentiers, micro-banque animation. Chaque famille cotise mensuellement (100 roupies soit 0.8 euros, pour comparaison le prix d’une journée de travail est d’environ 300 roupies). L’association apporte une contribution annuelle à chacun des deux comités qui ensuite décidera collectivement des actions à mener.  
 
L’école de Shree Juke  

Elle accueille 180 enfants, notre association soutient cette école depuis 2002, elle est devenue une réalisation phare de la région.  
En 2012, grâce à l’aide d’une importante dotation de Comminges Sans Frontières complétée par des fonds de l’association, un bâtiment de 150 m2 a été ajouté aux 4 bâtiments déjà existants. Cependant le séisme de 2015 a provoqué des dégâts obligeant la construction de 2 bâtiments précaires en bambou. Le bâtiment construit en 2012 a été entièrement détruit et sa reconstruction vient d’être achevée grâce à la dotation 2016 de CSF. 
 
La Gompa de Laharé
 
Cette région est peuplée majoritairement par des Tamangs de religion bouddhiste, le lama est un personnage très respecté jouissant d’un grand prestige auprès des villageois. Le séisme de 2015 a fortement endommagé les bâtiments vétustes de la gompa (équivalent de la chapelle ou du temple, dans notre culture). Il nous a été difficile d’écarter la sollicitation des villageois qui demandaient une aide exceptionnelle pour la reconstruction de la gompa. 
 
L’école de Chandanda
 

Cette école est située à 45 min de l’école de Shree Juke et accueille 260 élèves. Dotée de très faibles moyens, les bâtiments très vétustes ont été entièrement détruits par le séisme.  
 
Une association australienne a reconstruit en urgence 2 bâtiments très sommaires en bambou, permettant tout au plus de se mettre à l’abri mais pas de reprendre une activité. Etant donné la proximité avec l’école de Shree Juke qui reçoit de notre part une aide régulière, les responsables de cette école nous ont sollicité. Les dons collectés étaient suffisants pour permettre la reconstruction d’une salle de classe. Ce qui a été fait. 
 
Bhadabari, l’école de Raktakalika
 

L’école est située à 100 km de Katmandu dans le district de Chautara, elle accueille 180 enfants et compte 10 enseignants. Cette école a été détruite à 80 % par le séisme de 2015, le lieu étant pratiquement à l’épicentre de la deuxième secousse, seule une toiture suspendue sur des charpentes métalliques a pu être réutilisée. Nous avions visité cette école en Octobre 2015, le site avait été déblayé, des toilettes et un bâtiment temporaire en bambou avaient été construits, il ne manquait que les fonds pour commencer la reconstruction des salles de classe. Nous avions donné notre accord pour la reconstruction d’un premier bâtiment et l’organisation pour l’année 2016 d’une cantine fournissant le repas de midi, une disposition qui selon les responsables locaux devait inciter les enfants à retourner à l’école après le traumatisme du séisme. Nous avons rencontré les responsables en Avril 2016 à Katmandu sans pouvoir nous rendre sur place. La construction du premier bâtiment était achevée à notre départ en Mai, l’organisation de la cantine a été un grand succès. Une partie importante des équipements en particuliers, un nombre important de bancs, de tables et surtout les ordinateurs qui permettaient d’assurer des cours d’informatique a été détruite par l’effondrement des murs. A notre départ en Mai nous avons fourni la somme nécessaire pour l’achat de 5 ordinateurs pour continuer la formation informatique, une partie des bancs et des tables a été achetée sur la dotation annuelle. Cette dotation annuelle comprend aussi la fourniture de la tenue scolaire pour 25 nouveaux élèves chaque année, l’achat de cette tenue constitue une dépense importante pour les familles pauvres. Notre visite en Octobre 2016 a été plus difficile, nous n’avons pas pu accéder au site de l’école à cause de l’état de la piste. La réunion avec les enseignants s’est tenue à Chautara. Nous avons reconduit le fonctionnement de la cantine, la fourniture de 25 nouvelles tenues et le fond annuel habituel destiné aux fonctionnements que nous prenons habituellement en charge. Actuellement cette école a quasiment retrouvé le niveau de fonctionnement qu’elle avait avant le séisme. 
 
Ecole de Shree Kalika, Village de Dhola, District de Dadding 

Cette école accueille 400 élèves, située très proche de l’épicentre du séisme, elle a été entièrement détruite. L’association a fourni une aide importante pour la reconstruction de deux salles de classes sur l’initiative de deux amis sympathisants de l’association qui ont été à l’origine de nombreuses donations. 
 
Taruka, l’école Shree Pipaldanda (district du Langtang)
 
Taruka est un village agricole accroché à sa colline, dominant ses champs en terrasse, à une cinquantaine de kilométres de Katmandu en direction du Langtang. Cette région a été très sévèrement sinistrée par le séisme de 2015 et notamment l’école. Deux membres de l’association Danièle et Bernard Averous, connaissant de longue date un guide de trekking Pathé Gurung originaire de ce village ont mobilisé un cercle d’amis et ont collecté une somme importante qui a permis la reconstruction de 2 salles de classe. Dans cette opération l’association a assuré la comptabilité et le transfert des sommes collectées sous l’impulsion de D et B Averous. Ces derniers se sont rendus sur place le 26 Octobre 2016 pour assister à l’inauguration de l’école. Au cours de cette journée ils ont pu évaluer l’état et les besoins du site. Pour que cette école retrouve ses pleines capacités, la construction d’au moins 2 salles supplémentaires est nécessaire.  
 
Le coût de ces différentes actions est résumé dans le compte rendu financier. 
Bilan financier 2016
Les Charges
Don foyer Kalché 250 €
Don village Kalché 350 €
Don foyer Laharé 250 €
Don village Laharé 350 €
Don crèche Golfutar 1743 €
Don familles Golfutar 137 €
Divers 180 €
Aides spéciales 6 000 €
Don scolarité enfants 11 620 €
Don écolesLaharé (bâtiments) 1 000 €
        Don école Laharé (fonctionnement) 3 780 €
Don école Laharé (atsm) 450 €
Don école Bhadabari 1 000 €
   
Sous-total actions 27 110 €
   
Frais édition envoi Himal 278 €
Affranchissement Himal 34 €
Frais bancaires (transf+CB...) 279 €
Assurance MAIF 187 €
Achats produits artisanaux 1 040 €
Achats repas Népalais 1 020 €
autres 964 €
site internet 43 €
   
Sous-total fonctionnement 3 845 €
Sous-total aides séisme 31 795 €
   
TOTAL CHARGES         62 750 €
Les Produits
Cotisations    1 980 €
Ventes 3 171 €
Parrainages scolarité 7 965 €
Dons 20 600 €
Produits financiers 466 €
Rembours. frais transfert 130 €
Recette soirée Népalaise   2 701 €
Autres 70 €
   
Sous-total produits      37 083 €
actions récurrentes  
   
Sous total dons séisme 3 800 €
   
TOTAL RECETTES 40 883 €
   
           Résultat de l'exercice        - 21 867 €
Résultat de l’exercice négatif, la majeure partie des dons étant de 2015. 
Un point sur les aides apportées suite au séisme de 2015
Sur les deux années 2015-2016. 
 
Actions propres à l’ACFN : 


Dons Réalisés
ACFN         67 343 €  
Kalché
3 100 €
Laharé
       18 100 €
Lacha
2 200 €
Bhadabari
   16 700 €
Dhola
4 500 €
            Actions diverses
2 750 €
   Frais de gestion     
480 €
     
Actions partenaires : 
  Dons Réalisés
Kiraché        14 420 €        14 420 €
Halcok 1 000 € 1 000 €
       Koshedikha- Saping 3 957 € 3 957 €
Taruka 5 020 € 3 420 €
Raï 1 000 € 1 000 €
     
     
Reste 21 113 € pour les réalisations 2017 
 
Nos actions continuent, nous recevons encore des dons pour aider des projets de reconstructions. 

Ecole de Laharé
Gompa de Laharé
La boite à Tikka
Ces boites, équivalent d’une boite à fard, servaient à stocker les poudres utilisées par les hindous pour le maquillage. Elles portent les traces du temps et peuvent avoir facilement une centaine d’années.  
Le tikka est le mélange de pigments et d'épices de couleur rouge, utilisé par les Hindous pour faire la marque rouge sur le front (appelé aussi tilak, bindi ou pottu). Le tikka de couleur rouge est fabriqué à partir d'une poudre de curcuma séché, mélangée à du jus de citron vert, nommée kumkum, de bois de santal bouilli pour le blanc et de cendre pour le gris. Le tikka indique l'appartenance à un groupe religieux pour un homme ou la situation maritale pour une femme, il peut aussi porter chance lors d’un départ en voyage. Le tikka, dans sa version moderne, porté par les femmes peut se présenter sous la forme d'un bijou autocollant assorti aux vêtements 

La peinture de Mithila
C’est un style de peinture indienne pratiqué par les femmes dans la région de Mithilâ, dans l'État indien du Bihar et la région du Téraï au sud du Népal. Ce style de peinture date de l'époque du Rāmāyana. Le roi Janaka commanda des peintures pour le mariage de sa fille Sitâ avec le dieu hindou Râma. Les peintures réalisées sur les murs enduits de boue, sont aujourd’hui également faites sur toile ou papier. Cette peinture est un élément essentiel de l'éducation des femmes. Mithila, un art qui culmine dans la décoration des murs du kohbar (la chambre nuptiale), au moment des noces. Les peintures kohbar ghar s'inspirent de thèmes mythologiques et folkloriques ainsi que du symbolisme tantrique, le thème central reste l'amour et la fertilité. La peinture Mithila en tant qu'art contemporain est née au début des années 1960, à la suite de la terrible famine du Bihar. Les femmes de Mithila furent alors encouragées à exercer leur talent sur le papier pour améliorer leurs maigres ressources.  
Soutien à la scolarité
Une vingtaine d’enfants sont scolarisés à Katmandou. 
 
En ce début d’année scolaire népalaise, il devient urgent de verser le montant des frais d’inscriptions, d’achat de livres et fournitures, des tenues vestimentaires obligatoires etc… 
 
Trois jeunes poursuivent des études universitaires. Les frais de scolarité sont sans commune mesure avec le secondaire et certainement supérieurs aux revenus annuels des parents.  
 
Merci aux « parrains » qui n’ont pas encore versé leur participation de l’envoyer au plus tôt à l’adresse suivante  

A.C.F.N. chez M. Gilbert Boué 
3, Rue Joseph Picot 
31800 Saint-Gaudens 

Adhésion 2017
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